De nouvelles compétences de lecture

Cette séquence a pour objectif d’identifier des compétences spécifiques impliquées dans la lecture numérique et de s’engager dans leur apprentissage.

Pourquoi est-ce nécessaire ?

Françoise Benhamou, dans son dernier essai, Le livre à l’heure numérique, relève trois caractéristiques du mode de réception numérique du texte :

  • l’indifférenciation : « il n’y a plus de hiérarchie sur l’écran entre les lectures, entre des textes dont les conditions de production, les visées, sont étrangères les unes aux autres ».
  • la fragmentation : la lecture du web, séquentielle, est sélective et rapide, assimilable à de la simple recherche. Pour Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive, lire sur le web représente une véritable « révolution cognitive ». Il repère deux phénomènes : la « désorientation cognitive », propre à la lecture numérique, la difficulté d’adaptation de l’oeil et du cerveau à l’écran qui peuvent générer une surcharge cognitive.
    Une attention fragilisée, des difficultés à mémoriser et à se concentrer, ces études confortent un sentiment d’anxiété ou de culpabilité, largement répandu chez les lecteurs et relayé par les médias.
  • La troisième caractéristique est la recomposition de nouveaux contenus à partir d’éléments composites et de nature diverses, articles, billets, vidéo, commentaires, dans des interactions avec d’autres internautes, au sein d’environnements métissés où les réseaux sociaux dominent.

L’apprentissage de la lecture numérique semble nécessaire pour combattre l’insécurité du lecteur et augmenter « l’utilisabilité » des nouveaux supports de lecture.

Des compétences spécifiques ?

De nombreuses études ont également montré que la lecture numérique, qui associe textes et images, mobilise différentes aptitudes. Le rapport de l’Académie des sciences, L’enfant et les écrans, pointe deux formes d’intelligence, l’intelligence du livre linéaire, « portée vers la construction narrative et la chronologie », et l’intelligence des écrans, « fluide et spatialisée, apte à prélever et synthétiser des informations disparates. Ces deux formes d’intelligence sont sollicitées dans la lecture sur écran.

L’ergonomie de la lecture s’intéresse aux relations entre l’objet technique et l’utilisateur, et à tous les moyens de faciliter la lecture. Elle met au centre de ses recherches l’expérience utilisateur. Les littératies numériques recouvrent un ensemble de compétences et d’habiletés qui vont bien au-delà de la maîtrise des outils, et désignent des compétences à créer et produire des contenus, dans un environnement où lire et écrire sont intimement liés.

L’ergonomie de la lecture et les littératies numériques forment le noyau des nouvelles compétences à acquérir pour naviguer sur des pages écran à lire, à regarder, et à manipuler. Nous allons les explorer dans les modules qui suivent.

   Références 

La séquence 2 rassemble les 5 modules ci-dessous.