La lecture dynamique et la lecture d’études sont des modalités particulières de la lecture dans lesquelles le lecteur interagit avec une multitude d’outils, sélectionne, évalue, où lecture et écriture sont indissociables. Les littératies numériques désignent l’ensemble de ces habiletés, en perpétuelle évolution, qui sont mobilisées dans la lecture dynamique et la lecture d’études.

« Lire sur un support numérique commence par la localisation du texte ou du document à lire, puis son affichage sur l’écran avec une application compatible : ce faisant, le lecteur a déjà activé de multiples outils. Surtout, il a fait l’expérience d’une certaine puissance à intervenir dans le réel, et de la grande réactivité des outils numériques. Il se trouve ainsi propulsé dans un monde aux contours indéfinissables, qui peut à la fois le fasciner et l’écraser. Devant en permanence intervenir, il fait l’expérience, non plus de la lecture comme processus linéaire et réflexif, mais d’abord comme processus dynamique de reconfiguration constante d’un univers à lire. » (avec l’aimable autorisation de Claire Bélisle)

En 1998, Claude Baltz parle également d’une « culture informationnelle », c’est à dire, bien plus qu’un ensemble de connaissances, une « certaine façon de poser son corps, de se tenir », « une certaine façon d’agir » .

…on parle beaucoup de « navigation » à propos d’Internet : on navigue, on « surfe » sur Internet. Mais l’image qui peut dès maintenant asseoir la culture informationnelle, c’est que, dans la société d’information, il ne suffit pas de naviguer, quel que soit l’outil utilisé pour cela, il faut savoir ce que naviguer veut dire. Il ne suffit pas ou il ne suffit plus de savoir utiliser des cartes, puisque naviguer, cela repose sur des cartes. Pour être capable de vivre dans cette société, il faut savoir ce qu’est une carte, ce qu’est la cartographie ; autrement, on reste bloqué sur l’usage d’une carte déterminée. (Claude Baltz)

Quelles sont précisément ces compétences transversales à développer ? Comment les mettre en œuvre et les transmettre ?

 

Références

Ce module comprend une seule activité.

Réalisez votre carte de lecture

L’objectif de cette activité est de mener une activité réflexive sur sa démarche de recherche.
Pour préparer l’épreuve d’histoire des arts du brevet, un groupe d’enseignants est chargé de rassembler, pour tous les enseignants concernés par cette épreuve, une documentation structurée sur une des huit œuvres sélectionnées au programme. Choisissez une oeuvre.
Vous pouvez mener cette activité seul ou par groupe de deux ou trois personnes. 

Première étape : représenter sous la forme d’une carte mentale la généalogie de sa navigation.

Vous allez représenter visuellement sur la carte vos sources d’information et votre parcours de navigation. Le nœud central de la carte, c’est donc l’oeuvre que vous avez choisie, les différentes branches représentent les différentes directions que vous avez explorées. Chaque nœud ou sujet correspond à un site visité. Intégrez bien les adresses URL des pages pour le sourçage, et déjà vos annotations.
Appuyez-vous sur le chapitre 1 de Garder le fil de Robin de Mourat (dans l’onglet Ressources).

 Carte mentale

Deuxième étape : réaliser une carte de lecture

Maintenant, nous allons représenter la démarche de recherche, sous la forme d’une carte de lecture au sens du chapitre 4 de Garder le fil de Robin de Mourat, «  à mi-chemin entre la carte mentale, la bibliographie, et le document écrit traditionnel.»

La carte est organisée par thèmes (nœuds ou sujets). Chaque nœud comprend les liens vers les pages, les annotations sur les sources ou le thème, les commentaires. Votre carte peut intégrer du texte, des images, des vidéos, des fichiers audio. Concrètement, vous pouvez réorganiser la première carte ou en créer une nouvelle à partir de la première.

Sur le blog de l’activité, copiez le lien vers votre carte, créée avec l’application Mindomo. Ce lien est généré quand vous cliquez sur Partager dans le menu du haut de Mindomo. Notez vos remarques sur l’intérêt de la carte de lecture.

 L’outil : Mindomo, un logiciel de création de cartes mentales

Mindomo est une application gratuite pour tablette et smartphone (nombre de cartes illimité). Vous pouvez aussi travaillez en ligne sur PC. Sur PC,  il faut s’inscrire (gratuit) et vous pouvez créer gratuitement jusqu’à trois cartes. Vous pouvez travailler à plusieurs sur la même carte en mode asynchrone. Les possibilités de mise en forme sont très développées.

 Conseils pour réaliser une carte mentale

Garder le fil

Garder le fil de Robin De Mourat

Le projet de Robin de Mourat, designer, vise à concevoir une interface, qui permette de relier les activités impliquées dans la lecture avancée dans le cadre d’études. C’est l’occasion pour nous de mieux comprendre ces différentes activités et leurs liens.

« J’ai enfin tenté à travers ce projet d’esquisser les outils qui permettraient concrètement de développer de nouvelles manières de lire, donc d’écrire, et de penser. C’est une certaine pratique associative et fortement interactive de la lecture que j’essaie de valoriser à travers mon projet. »

Regardez attentivement les vidéos de chaque chapitre :
– la navigation sur Internet : une navigation généalogique, construire l’arbre de la navigation;
– la lecture approfondie ou soutenue des textes, qui correspond à l’affichage épuré que propose aujourd’hui des application de lecture en mode déconnecté;
-annotation de pages web et mise en relation des annotations;
-carte de lecture : organisation des annotations, « carte reliant réflexions et annotations »;
-interface d’écriture avec la possibilité d’insérer dans son texte citations et annotations; sourçage automatique et mise en forme des liens hypertexte et des références;
-partage : la carte de lecture comme support d’activités collaboratives.

DE MOURAT, Robin. Garder le fil : un carnet de propositions sur la lecture d’étude à l’ère numérique

La lecture sur supports numériques : enjeux cognitifs et pédagogiques

Jean Francois Rouet

Dans son intervention lors de la conférence consacrée aux Cultures numériques, Education aux médias et à l’information, Jean-François Rouet montre comment la lecture numérique remet profondément en cause la compréhension traditionnelle de la lecture. Au travers de l’exemple de Lisa, une jeune adolescente qui doit mener une recherche en SVT,  il ouvre le champs des compétences nécessaires à traiter.

ROUET, Jean-François. La lecture sur support numérique : enjeux cognitifs et pédagogiques

 

Faire une recherche, ça s'apprend!

Faire une recherche ça s'apprend

Martine Mottet (Faculté des sciences de l’éducation, Université de Laval) propose de très nombreuses ressources pédagogiques sur la méthodologie de la recherche, de nombreuses vidéos tout à fait adaptées à l’enseignement du second degré.

MOTTET, Martine. Faire une recherche, ça s’apprend

Un poster d'un professeur documentaliste

poster de Catherine NovelLe poster réalisé par Catherine Novel (académie de Grenoble) restitue une séquence pédagogique qui vise à rendre l’élève conscient et acteur de sa démarche de recherche et de traitement de l’information. La séquence repose sur la construction de cartes mentales et s’adresse à des élèves de 3ème et 6ème.
Où il est question de 3QOCP (questionnement quintilien) et de problématique de recherche

NOVEL, Catherine. Poster 40. : rendre l’élève conscient et acteur de sa démarche de recherche et de traitement de l’information grâce à la construction de cartes heuristiques

Ressources sur l'évaluation de l'information

BoussoleAlexandre Serres fournit sur le site de l’URFIST de Rennes un dossier complet : guides méthodologiques, tutoriels, supports pédagogiques, vous trouverez tout ce qu’il faut pour faire le tour de la question, de la théorie à la mise en pratique.

SERRES, Alexandre. Ressources sur l’évaluation de l’information

La sérendipidité : « Chercher la dérive, provoquer la trouvaille »

Karine Aillerie Karine Aillerie redonne toute sa valeur à ce concept. La sérendipidité désigne « un état  d’ouverture et de curiosité », « une capacité individuelle et singulière à clarifier, à enrichir son  sujet au cours de la recherche, cela en fonction des documents et éléments d’information  consultés » (p.66), « une aptitude à prendre le contrôle de sa recherche, à objectiver sa pratique »,  bref, une compétence à nourrir ! Au-delà de l’activité de recherche d’information, elle renvoie à la  relation qu’entretien l’individu avec la connaissance.

AILLERIE, Karine. Pratiques juvéniles d’information : de l’incertitude à la sérendipité. Documentaliste-Sciences de l’information. 2012/1, vol. 49

Outils de recherche

Faire une recherche, une démarche complexe

Jean-François Rouet met en évidence la complexité d’une démarche de recherche : il faut définir une stratégie corroborer des informations, les évaluer, être capable de réinvestir la lecture dans une autre activité. La recherche implique de nouvelles compétences extrêmement diverses, qui ne se limitent pas à des savoir faire technologiques (savoir utiliser un navigateur, un moteur de recherche, des logiciels de visualisation de données, un traducteur, des outils de communication…), mais englobent aussi des stratégies cognitives selon les buts de la lecture, et des compétences d’écriture et de communication. Les littératies numériques portent sur l’ensemble de ces compétences.

Favoriser différentes formes d’apprentissage

Comment s’amorcent ces apprentissages ? Comment, pour faire écho au texte de Claire Bélisle dans l’introduction, réintroduire de la réflexivité dans la lecture dynamique ?

Le contexte éducatif est le lieu où se met en place, de manière privilégiée, l’apprentissage de méthodologies de recherche éprouvées, sans oublier d’introduire des outils de visualisation, comme les cartes mentales, qui aideront les adolescents à conceptualiser leur démarche de recherche.
Mais Karine Aillerie montre que la recherche par sérendipidité, liée à un investissement personnel dans un sujet, permet aussi à chacun de réfléchir aux stratégies qu’il adopte pour apprendre.
L’appropriation ludique des outils est encore une autre voie. Il faut s’essayer à différents outils, bricoler, repérer leurs similarités de fonctionnement, comprendre comment ils conditionnent nos usages, les adapter à nos besoins. Cette familiarisation se conjugue aussi avec une réflexion critique sur l’histoire des technologies et les conséquences idéologiques, politiques, économiques du choix de tel ou tel outil technologique. Ce dialogue avec les outils, les designers en font la matière même de leur travail lorsqu’ils réfléchissent de manière scientifique et créative, à de nouvelles interfaces, adaptées à nos manières de pensée.

A l’heure du web 2.0, on peut penser, comme Karine Aillerie,  qu’il est pertinent de favoriser les croisements entre ces différentes formes d’apprentissage, apprentissage discursif « académique » et ateliers participatifs ou coworking.

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